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1 articles avec interview du film wham! in china

GEORGE MICHAEL - LE PROJET WHAM! 10 DAYS IN CHINA RACONTE PAR MIKE CHRISTIE !!

Publié le par Georgiafan

GEORGE MICHAEL - LE PROJET WHAM! 10 DAYS IN CHINA RACONTE PAR MIKE CHRISTIE !!

Le réalisateur MIKE CHRISTIES, lors d'une interview  raconte comment est né le projet Wham! 10 Days in China .

-  SDE  -  Comment est né le projet Wham! 10 days in china ? Etait-ce quelque chose que vous aviez recherché ?

-  MC  -  "  C'est un de ces projets mythiques, tout le monde savait que ce voyage avait été filmé et que les rushes (les images et les sons bruts, non montés, enregistrés pendant le tournage) étaient pratiquement tombés dans l'oubli. Pour nous, tout a commencé en janvier 2023,. Fred, le producteur de développement avec qui je travaillais à l'époque, en a parlé. Le projet a pris un peu plus d'importance à l'approche du 40e anniversaire. Je pense qu'après le 40e anniversaire, on ne peut pas vraiment être sûr qu'il restera beaucoup de personnes pour raconter l'histoire, alors nous avons repris contact pour explorer cette possibilité. Ce qui a fait la différence, c'est que j'avais déjà réalisé plusieurs documentaires en Chine et l'idée d'avoir de multiples perspectives, y compris la perspective chinoise. Cela a attiré l'attention d' Andrew Ridgeley car, comme vous le savez grâce aux deux films précédents, cet aspect n'avait pas été abordé. Alors, nous avons suivi le processus. Finalement, la succession de George Michael et la soeur de George, Yioda, ont dû donner leur accord. Et chacun était conscient des différentes sensibilités liées à l'histoire du projet. Il n'y avait aucun moyen de vraiment comprendre le voyage lorsqu'ils étaient là-bas. "

-  SDE  -  Ces sensibilités m'intéressent, car on peut dire que George et Andrew ne sont pas forcément présentés sous un jour très favorable dans le film. Ils errent, l'air un peu déconcerté, voire frustré. Ils admettent ouvertement être là uniquement pour la publicité, et Andrew le dit même à quelqu'un (dans une scène à la résidence de l'ambassadeur britannique)... " On n'est pas vraiment là pour leur réaction, celle des fans chinois.

-  MC  -  "  Je crois que c'est une constante tout au long du film, en tout cas. Ce qui était intrigant, c'est que dès qu'il a vu le premier montage, je me suis toujours demandé si Andrew allait se censurer. Mais il a dit : " Non, c'est la version authentique ". Et il n'a rien coupé. Ce qui m'a surpris "

-  SDE  -  Je me demande si l'une des raisons pour lesquelles Andrew souhaitait revenir chez Wham! en Chine était un sentiment de culpabilité lié au fait qu'il s'agissait d'un pur opportunisme commercial et qu'ils n'avaient peut--être pas suffisamment pris en compte le peuple chinois et l'aspect chinois ?

-  MC  -  "  Andrew a été franc lors de nos entretiens, il n'était pas vraiment sûr que ce voyage fût une bonne idée, mais je ne sais pas qu'il s'agissait de culpabilité. Je pense qu'il y avait surtout de la curiosité. Andrew ressentait un besoin très fort d'y retourner, c'était évident, et je pense que c'est en partie pour cela que le point de vue chinois s'intégrait bien à son projet. Mais je crois aussi qu'il était impossible de vraiment comprendre ce voyage sur place. Et cela se reflète dans les deux premiers films ( If You Were There et Foreign Skies) qui ne cherchent pas à le comprendre.

-  SDE  -  Ils sont tous les deux extrêmement jeunes à l'époque. C'est un peu comme si vos parents vous obligeaient à partir en vacances dans un endroit qui ne vous intéresse pas. On se demande alors : " Mais pourquoi sommees-nous là, au juste ? 

-  MC  -  "  Et ils gèrent ça de facon extraordinaire. Andrew à 22 ans, George 21. J'ai été vraiment impressionné, en revoyant ces images, par la solidité de leur relation. Andrew a des valeurs bien définies, auxquelles il reste fidèle, je crois. George a une vision très claire de lui-même, du groupe et de ses propres valeurs. C'est rafraîchissant de voir à quel point ils étaient sincères dans ces images. Ils ne jouent pas la comédie et, quand ils doivent afficher un sourire de façade, ils l'admetttent. "

-  SDE  -  Ils sont polis, aimables avec les locaux et patients lorsqu'il s'agit de passer par toutes les formalités liées aux rencontres avec les dignitaires et autres.

-  MC  -  "  Et il y a tellement plus ! J'ai perdu le compte du nombre de banquets pour lesquels nous avons dû nous dépêcher. On a mis du temps à trouver un titre pour ce film, mais comme j'ai l'habitude des tournées et des itinéraires, je me suis dit : " On dirait un itinéraire... Imaginez un peu le programme, il y avait probablement cinq choses par jour."

-  SDE  -  Concernant " Foreign Skies ", la version originale, avez-vous dû vous replonger dans le film et vous renseigner à nouveau sur son contenu ? De toute évidence, il n'est pas largement diffusé, même s'il est disponible sur Youtube.

MC  -  "  Pendant une longue période de développement, nous n'avions que " Foreign Skies ". Fred, le producteur en charge du développement, avait fait un véritable pélérinage à l'université de Stirling (le seul endroit où l'on peut voir la version originale de Lindsay Anderson) un trajet interminable et tout un parcours de combattant. Mais Andrew en avait toujours une copie, et finalement, juste avant le début du tournage, il a pu nous la montrer. Evidemment, je l'ai visionnée, plusieurs fois, mais je me suis fait un devoir de la revoir très rarement une fois la préproduction entamée, pour ne pas être influencé. Il y avait beaucoup de choses dans le montage de Lindsay, je ne pense pas qu'il soit coupé au montage, mais le montage en lui-même, qui m'attiraient, et d'autres que je trouvais tout simplement bizarres. Franchement, il est clair qu'il n'était pas du tout le bon choix pour réaliser ce film. Et je pense que l'élément le plus révélateur, c'est cet extrait d'interviews de Lindsay à la fin où un membre de l'équipe lui demande, en substance : " Qu'est-ce que vous faites ? " Et il a fini par dire un peu : " Oh, je ne sais pas. Je me pose la question depuis deux semaines ". Il a admis qu'avant de partir, il ne le faisait que pour l'argent, et vers la fin, il ne savait plus vraiment pourquoi il était là. Du coup, c'était voué à l'échec. C'était un choix totalement incohérent dès le départ. "

-  SDE  -  Il est assez évident que Lindsay Anderson était un choix totalement inapproprié pour réaliser le film original.

-  MC  -  "  Bref, je les ai visionnés et pendant un bon moment, on ne savait pas trop ce que contiendraient ces rushes. Du coup, on a cherché des versions haute qualité de ces deux montages, parce qu'on pensait devoir les utiliser, on allait couper certaines scènes (des films déjà terminés). Mais ça a pris sept mois, pour tous les transferts et un travail de restauration incroyable. Finalement, on était probablement à mi-chemin du montage quand on a réalisé qu'on aurait jamais besoin d'utiliser des extraits des films précédents, parce qu'on recevait constamment de nouvelles images. On a compris qu'on pouvait vraiment se concentrer sur l'histoire de ces dix jours. Je pensais qu'on ferait plus de préambule, plus de suite, mais on a déjà abordé tout ça dans les interviews. Donc, je n'ai pas eu besoin de trop revoir les films. Mais c'est toujours comme ça quand je fais un film, quel qu'il soit. J'essaie de ne pas trop me laisser influencer, surtout que c'est un film unique. J'avoue que j'étais assez inquiet. Je me demandais si je ne me mettrais pas dans une situation délicate. C'était assez stressant. "

-  SDE  -  En tant que cinéaste, éprouvez-vous beaucoup de compassion pour ce qui est arrrivé à Lindsay Anderson ?

-  MC  -  "  J'ai des sentiments partagés. Au final, je pense que son talent et ses capacités sont indéniables. C'est assez évident, vu son pédigree "

-  SDE  -  Il a remporté un Oscar...

-  MC  -  "  Exactement. Et plusieurs de ces films sont bons. Est-ce que je le plains ? C'est un peu étrange. Je ne pense pas qu'il aurait dû accepter le projet, mais il n'avait visiblement pas le choix. Je pense qu'il a fait une erreur et qu'il ne pouvait pas s'en remettre. Je ne pense pas qu'il avait les capacités de créer quelque chose dans le contexte des années 80, et je pense qu'il s'est laissé aller, mais je pense qu'il le savait. Si on considère les trois films comme un triptyque, en quelque sorte, seul le plus récent raconte une véritable histoire. "

-  SDE  -  Votre film présente plusieurs niveaux de lecture. Vous racontez une histoire déjà connue, mais vous prenez aussi du recul et adoptez un point de vue plus élevé pour analyser les évènements. Quels sont les défis posés par cette approche, comparée à la réalisation d'un documentaire classique où l'on part d'une vision totalement nouvelle, sans être influencé par des éléments préexistants ? 

- MC  -  "  Tout dépend du point de vue. Pour moi, c'est comme une scène de crime, il y a 40 ans, ils sont allés en Chine et ont récupéré les preuves. Mais personne ne les a jamais analysées. Les défis sont donc innombrables, sur le plan narratif, technique et personnel. J'ai dû longuement réfléchir au style du film. Je ne sais pas si vous avez observé le style du film. " Dix jours" mais... "

Cette interview sera en plusieurs parties, au vu, de sa longueur.

Bonne lecture à tous pour cette 1er partie.

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