GEORGE MICHAEL - INTERVIEW DE GEORGE MICHAEL PAR YAHOO MUSIC 2008 !!

Publié le par Georgiafan

GEORGE MICHAEL - INTERVIEW DE GEORGE MICHAEL PAR YAHOO MUSIC 2008 !!

On remonte dans le temps avec cette interview de George Michael, réalisée par Steve Baltin pour Yahoo Music en 2008, lorsque George Michael allait entamer sa première tournée nord-américaine en 17 ans, le " 25 Live Tour ".

Quelques morceaux que j'ai choisi de cette interview.

-  YM  -  Y-a-t-il eu un moment où vous avez réalisé combien de temps s'était écoulé depuis votre dernière tournée aux Etats-Unis ?

-  GM  -  "  Et bien, le plus incroyable, c'est que je ne pensais vraiment pas le refaire, et j'ai passé un an et demi à parcourir l'Europe deux fois. Et le plus bizarre, c'est que je me suis tellement détaché de...un professionnel. Finalement, lorsque j'ai rejoint Sony au début des années 90, j'étais parfaitement conscient que je me tirais une balle dans le pied pour ma carrière aux Etat-sUnis. Heureusement pour moi, ceux qui ont décidé que je ne devais plus faire partie de l'industrie américaine, ou que je devais être perçu comme tel, ont eu tort. Ma carrière a donc continué à prospérer hors des Etats-Unis et d'une certaine manière j'étais prêt à laisser faire. Car au fond, je crois vraiment que si la célébrité à des aspects négatifs, ils sont pires en Amérique, mis à part les tabloïds, bien sûr, mais aussi en termes de bouleversement dans la vie, cela peut-être très perturbant, surtout pour un jeune Anglais. Tout cela m'a complètement submergé quand j'étais plus jeune. Et, bizarrement, j'étais tout à fait prêt à y renoncer. "

-  YM  -  Il semble qu'en Amérique, l'attention soit constante.

-  GM  -  "  Exactement, imaginez, en 1987 ou 1988 " Faith " était l'album le plus vendu aux Etats-Unis. Imaginez un peu ce que ça fait d'avoir 23 ans et de ne pas être habitué à une telle notoriété, parce que ce n'est pas dans les moeurs anglaises. "

-  YM  -  Avec l'âge, une perspective et une expérience de vie différentes,avez-vous le sentiment d'être mieux préparé à affronter l'Amérique aujourd'hui ?

-  GM  -  "  Oh carrément. J'ai vraiment l'impression que... Soyons honnêtes, je fais ces interviews parce que j'ai besoin de vendre des billets (rires). Je n'ai jamais été dans une telle situation auparavant, où j'ai vraiment besoin de faire des choses pour vendre des billets. De plus, après 18 ou presque 20 ans à jouer mes propres morceaux aux Etats-Unis, forcément, j'ai attendu que vous soyez en pleine récession pour revenir avec des billets très chers, car c'est un spectacle très coûteux. Je suis là pour témoigner de ma reconnaissance envers le million d'Américains qui ont continué à, écouter ma musique même si elle ne passait pas à la radio. Et d'une certaine manière, c'est plus spécial qu'ailleurs. C'est assez étrange, car d'un côté, l'industrie m'a rejeté à un moment donné aux Etats-Unis. Et c'était clairement une décision délibérée...je ne pense pas que l'industrie ait eu vraiment le choix. Mais c'est un mélange de rejet, d'une part, le refus des radios et le fait de ne pas vendre mes albums comme en Europe, d'autre part, il y a ce phénomène, un million de personnes qui, presque systématiquement, viennent acheter mes disques, même s'ils ne les entendent pas à la radio. C'est vraiment précieux pour moi. "

-  YM  -  Certainement cela indique que vous avez établi une relation de confiance avec vos fans américains.

-  GM  -  "  Absolument. Je rentrais chez Virgin Megastore, un de ces nombreux magasins qui n'existent plus, au milieu des années 90, et mes singles extraits de mes anciens albums étaient littéralement numéro 1, 2, 4 et 9, ou quelque chose comme ça, dans leur rayon singles, parce que j'imagine que c'était Hollywood et que beaucoup de gays les achetaient. Mais un tel compliment quand on sait que ce genre de musique n'est pas soutenu ailleurs. "

-  Vous dites que c'était une décision dictée par l'industrie. Le fait que l'industrie musicale ait quasiment disparu, comme avant, vous facilite-t-il votre retour ?

-  GM  -  J'ai simplement choisi de revenir. Je ne savais pas vraiment que j'allais partie en tournée, c'est une idée qui m'est venue il y a seulement deux ans. Et oui, au final, la vérité c'est que les choses qui m'agaçaient avant, parce que je les avais perdues en Amérique, ne sont plus les choses que je recherche. Et je suis beaucoup moins en colère qu'avant, j'étais tellement en colère dans les années 90. En réalité, j'étais surtout en colère d'avoir perdu mon compagnon et ma mère. Mais j'étais très en colère contre le rejet que j'ai subi en Amérique, et ces sentiments de colère ont complètement disparu. "

-  YM  -  Le fait de vous débarrasser de votre colère et d'adopter une nouvelle perspective a-t-il changé votre appréciation de la musique ?

-  GM  -  "  Je ne crois pas que mon appréciation de la musique puisse jamais être plus forte qu'elle ne l'a été. Ma relation à la musique est profondément intérieure. C'est quelque chose que je ne pourrais presque pas changer. C'est ainsi, tout simplement. Mes sentiments envers la musique sont tellement essentiels à mon fonctionnement que je ne peux même pas imaginer me réveiller un jour et ressentir les choses différemment. "

-  YM  -  Peut-être, alors, s'agit-il d'une appréciation différente de la performance ou de la relation que vous entretenez avec vos fans.

-  GM  -  "  Et bien, c'est l'essentiel. Je crois que je n'imaginais pas à quel point ce serait une expérience positive de remonter sur scène, et j'ai été tout simplement époustouflé. C'était une sensation totalement différente de celle que j'éprouvais en jouant en live quand j'étais plus jeune. Quel privilège de pouvoir être là et de faire sourire tous ces gens ! Et mon Dieu, qu'est-ce qu'ils sourient! C'est un spectacle formidable. Je n'ai jamais vu un public s'amuser autant. C'est vraiment la chose la plus remarquable que j'ai jamais vu, la réaction du public à ce spectacle. Et après deux ans, je crois que mon état d'esprit général s'est amélioré."

-  YM  -  Et bien, qu'est-ce qui a motivé la décision de partir en tournée au départ ?

-  GM  -  "  C'était vraiment bizarre. J'étais tranquillement devant la télé un soir, et tout a probablement été déclenché par quelque chose à l'écran, une phrase prononcée par un personnage. C'était sur les regrets, et je me souviens d'avoir été soudainement frappé par une illumination, de réaliser à quel point j'allais regretter de ne pas être monté sur scène et de ne pas avoir chanté après mes 20 ans. Et là, je me suis dit : " Tu vas le regretter, dans dix ans, tu ne tiendras plus debout sans aide (rires) .. Mais pour l'instant tu peux y aller et faire un super spectacle "... Et là, j'ai ressenti une urgence irrésistible, je savais que je devais absolument le faire. "

-  YM  -  Après tout ce temps, est-ce que certaines chansons ont changé pour vous ?

-  GM  -  "  Oui, je crois qu'avec l'âge, je réalise à quel point certaines de ces chansons sont bonnes. Quand je les joue en live, je les apprécie encore plus. J'ai une sorte de dualité. D'un côté, mon ego est démesuré par rapport à ce que je fais, et de l'autre, je doute constamment de mon talent et j'en attends toujours trop de moi-même. Mais finalement, quand je monte sur scène, que je chante ces chansons, que je vois le public chanter chaque mot et observer leurs réactions, des titres comme " I'm You Man " ou " Everything She Wants ", des morceaux de mon répertoire que je ne respectais pas vraiment, je réalise maintenant à quel point ils sont bons, même les plus simples. "

-  YM  -  Y-a-t-il des chansons dont le sens a peut-être évolué pour vous ?

-  GM  -  "  Je crois que le problème, c'est que, bien souvent, en tant qu'écrivain, j'écris en réalité pour moi-même. Les récits à visée morale que j'ai écrits, par exemple, sont souvent adressés exclusivement à mon subconscient, sans que je ne m'en  rende compte avant de les avoir terminés. C'est parce que l'écriture implique une profonde introspection, et même lorsqu'on l'extériorise et qu'on écrit sur d'autres sujets, on réalise, en se réécoutant, à quel point ce dialogue intérieur était clair, notamment sur la solitude " Outside " en est un parfait exemple, aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai l'impression de me réprimander moi-même dans cette chanson. Il y a d'autres choses dont je n'avais pas conscience à l'époque, mais à quel point mon subconscient réclamait des explications. Avec le recul, ces choses paraissent beaucoup plus évidentes, car, avec un peu de chance, on a dépassé ce stade de sa vie et résolu certains des problèmes dont on parlait dans ses écrits. "

-  YM  -  Ecoutes-tu souvent tes propres compositions ?

-  GM  -  "  J'écoute beaucoup mes propres morceaux. Je ne l'ai jamais nié. Je n'écoute pas mes vieux titres. Je ne passe pas mon temps à écouter " Faith". J'écoute toujours mes dernières créations car c'est le seul moyen de savoir si je veux les refaire différemment la prochaine fois. "

-  YM  -  Et si, quand vous étiez enfant, quelqu'un vous avait dit que vous auriez un jour le plus grand album du monde et que vous seriez malheureus ?

-  GM  -  "  Je ne les aurais crus ni sur l'un ni sur l'autre, car quand j'étais jeune, je n'étais pas du tout déprimé. J'étais plutôt heureux de tout, et c'était tellement agréable, le début de ma carrière avec Andrew Ridgeley. C'était incroyable de voir tous mes sentiments à mon égard se confirmer à 19 ou 20 ans. C'était une expérience extraordinaire. Je n'aurais jamais cru qu'à 24 ans, je serais si profondément malheureux. Je n'aurais jamais cru qu'il était possible d'être aussi malheureux avec autant de privilèges et de chance. "

-  YM  -  Quel est le premier disque dont vous vous souvenez avoir entendu et qui vous a profondément marqué ?

-  GM  -  "  ( My Cherie Amour ) de Stevie Wonder. Nous étions chez la famille de ma mère, dans une maison au bord de la mer, et j'avais l'habitude de me lever avant tout le monde, peu importe où nous étions, à la maison ou en voyage. J'étais toujours debout avec le soleil à l'aube. Ce matin-là, je suis sorti et j'allais admirer les papillons. Il y avait un arbre tout près de la maison qui se couvrait de papillons en été. Alors que je m'apprêtais à aller voir ce bel arbre, par cette belle matinée ensoleillée, j'ai entendu ( My Cherie Amour ), et cette chanson m'est restée gravée dans la mémoire. C'est mon tout premier souvenir lié à une chanson. J'avais 9 ans. "

-  YM  -  En tant que passionné de musique, qu'est-ce que cela a représenté pour vous d'enregistrer avec des artistes comme McCartney, Aretha et Elton ?

-  GM  -  "  Je ne pouvais pas espérer mieux sur le plan professionnel. Evidemment, si j'avais voulu aller plus loin, j'aurais sans doute fait ma propre promotion aux Etats-Unis dans les années 90. Mais il s'agissait plutôt de se dire : " Je dois faire tout ce qu'il faut pour garder la tête froide et pouvoir continuer à écrire.". J'ai dû gérer la célébrité, et ça allait. Je n'en suis sorti. Ensuite, j'ai dû faire face à un deuil qui a duré très longtemps, et là encore, j'ai réussi tant bien que mal à maintenir ma carrière à flot. Et je pense que la qualité de mon écriture est restée intacte. Quand je regarde la liste des titres de la compilation ( Twenty Five ) je ne peux pas imaginer être plus fier. "

-  YM  -  Y-a-t-il une personne avec qui vous avez travaillé et dont vous avez beaucoup appris ?

-  GM  -  "  Personne, dans ma vie d'adulte n'a vraiment eu ce genre d'influence sur moi. Toutes mes influences sont venues de mon enfance. Mes mentors musicaux, sans aucun doute, sont Stevie Wonder, Queen, Elton John et peut-être Pink Floyd. C'est avec ces disques, dans les années 70, que j'ai vraiment appris, simplement en passant des heures à étudier les arrangements avec mon casque. Et puis, aller voir des artistes comme Freddie Mercury et réaliser que c'était ce à quoi je voulais aspirer en termes de présence scénique... Tout ça, c'était du mentorat, assurément. "

-  YM  -  Vous avez évoqué cette double personnalité et le fait que parfois, cela ne vous suffit jamais, ce qui, je pense, est le cas pour tout artiste....

-  GM  -  "  Oui, je pense que tout artiste digne de ce nom se sent imposteur la moitié du temps. "

-  YM  -  Avez-vous entendu quelque chose récemment qui vous a particulièrement marqué ?

-  GM  -  "  Le phénomène Amy Winehouse, c'est tout simplement au-delà de tout ce que j'ai pu entendre dans ma vie professionnelle en matière d'auteurs-compositeurs-interprètes britanniques. "

-  YM  -  C'est un très beau compliment

-  GM  -  "  Oh mon Dieu, je donnerais n'importe quoi pour avoir une telle sensibilité. Mon ego est démesuré, mais quand je vois quelqu'un que je crois sincèrement plus exceptionnel que moi, je suis plutôt touché par son humilité que par son ressentiment. "

-  YM  -  Pour ce qui est des jugements, les critiques des spectacles en Europe étaient élogieuses.

-  GM  -  "  Je n'en revenais pas. Je n'ai pas l'habitude de recevoir autant d'éloges pour ce que je fais. Je n'en ai jamais eu pour mes albums ni pour quoi que ce soit d'autre. Mais bon sang, c'était incrioyable ! Les critiques étaient tout simplement extraordinaires. "

-  YM  -  Constatons-nous qu'avec l'âge, les éloges sont de plus en plus forts ?

-  GM  -  "  Oh, absolument. On en arrive enfin au point ou les gens considèrent que votre talent n'est plus vaiment discutable, ce qui est agréable, car il a toujours été sujet à débat, du moins d'après ce que j'ai pu constater. "

-  YM  -  Quand vous regardez " Twenty Five ", qu'est-ce qui vous frappe précisément ?

-  GM  -  "  Honnêtement, je crois que ce dont je suis le plus fier, c'est d'abord l'énergie qui se dégage de cet album, et ensuite sa grande variété. Dans le domaine de la musique d'influence noire, j'ai exploré toutes les possibilités. Dans mon registre habituel, j'ai cherché à passer d'une ballade à un morceau de jazz, en veillant à ce que le style reste toujours actuel, et je pense que l'album se suffit à lui-même. Franchement, je n'aurais jamais cru pouvoir y arriver. "

-  YM  -  Que souhaitez -vous ajouter ?

-  GM  -  "  Vas-tu pouvoir voir le spectacle ? "

-  YM  -  Oh oui! Personne n'est plus enthousiaste que ma femme à l'idée de votre tournée ici.

-  GM  -  "  Ah bon ? Vous voyez, c'est pour ça que la plupart des journalistes ne détestent (rires). Je crois que c'est vrai, certains me détestent vraiment, pas les journalistes sérieux, mais le genre de journalistes à scandale qu'on trouve partout. Je pense qu'ils détestent que leurs femmes m'apprécient encore alors qu'elles savent que je suis gay. Je crois que ça les agace. Je pense que la plupart des gens, s'ils n'aiment pas les chansons, ça les rend dingues de devoir écouter George Michael toute la journée."

-  YM  -  Et maintenant, ils vont pouvoir vous voir en direct.

-  GM  -  "  Au moins, tu ne t'ennuieras pas à mourir, car tu connaîtras suffisamment de chansons. Tu devras la remercier de ma part de t'avoir éclairé. "

En espérant que cette interview vous plaira, je vous souhaite une bonne lecture.

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