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1 articles avec suite - 2eme partie

GEORGE MICHAEL - LE PROJET WHAM !10 DAYS IN CHINA - SUITE 2eme PARTIE !!

Publié le par Georgiafan

GEORGE MICHAEL - LE PROJET WHAM !10 DAYS IN CHINA - SUITE 2eme PARTIE !!

- Deuxième partie de l'interview du réalisateur de Wham! 10 days in China Mike Christie

-  SDE  -  J'allais justement vous poser la question. Vous utilisez évidemment des plans rapprochés avec les visages des personnes interviewées. De nos jours, on observe une tendance à les réduire.

-  MC  -  "  Un peu comme le film sur Senna (le documentaire acclamé d'Asif Kapadia sur Ayrton Senna, sorti en 2010. Le film Wham! ( le documentaire de Chris Smith sur Netflix, sorti en 2023) était du même acabit, uniquement des voix et des images d'archives. On en a parlé, c'était tout à fait faisable, mais on a fait un choix délibéré de ne pas le faire dès le départ. Je trouve intéressant de voir les visages. On y gagne quelque chose. C'est la différence entre un appel téléphonique et une rencontre en personne, non ?. Le langage corporel en dit long, et on perd ça, pour commencer. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais l'un des aspects sur lesquels nous avons beaucoup travaillé, et c'était vraiment difficile, était d'éviter cet effet de rupture entre " avant et maintenant "où les images d'archives semblent enfermées dans une bulle étrange, puis on passe brusquement à une interview filmée dans un magnifique appartement parisien ou un hôtel cinq étoiles. Le documentaire sur Kylie en est le dernier exemple. Notre idée était de créer un espace unique et intemporel où les images d'archives s'intègrent harmonieusement, sans donner l'impression d'être visionnées à travers une fenêtre. Il y a donc un travail stylistique assez subtil, mais la plupart des décors des interviews sont conçus pour évoquer la Chine. "

-  SDE  -  Traditionnellement, on conçoit le rôle d'un réalisateur comme celui qui se tient là et indique au cadreur où et quoi filmer, alors qu'avec le film que vous avez réalisé, ce rôle change un peu... ou pas ?

-  MC  -  "  Au début de ce processus, je me suis beaucoup demandé : " Quel est mon rôle ? Est-ce que je termine le film de Lindsay ? Que fais-je exactement ? "... Mon rôle évolue forcément. Au départ, après m'être demandé si je terminais le film de Lindsay, j'ai vu son montage et j'ai réalisé que ce n'était pas un montage. C'était un montage provisoire, un assemblage (la toute première version où toutes les images sont compilées) Il était loin du compte, et je ne pense pas qu'il y serait jamais parvenu, car il n'avait pas le récit. J'ai donc cessé de penser que je terminais son film quand j'ai compris qu'il n'avait pas dirigé les images, il était resté en retrait. Quand nous avons parlé au cadreur et à l'équipe du documentaire, ils nous ont confirmé qu'ils n'avaient reçu aucune instruction. Quand vous m'avez demandé tout à l'heure si j'éprouvais de la sympathie pour Lindsay, je pense que ce projet ne remet pas en cause sa réputation ni ses compétences, mais au final, je pense qu'il a échoué. Il nous a cependant rendu servicee; il a filmé ces images. Donc, fondamentalement, on a travaillé avec des images. Comme je l'ai dit, j'ai essayé d'ignorer les montages précédents, nous travaillons uniquement avec les rushes et nous ne coupons rien de ces films. Il y a très peu de plans dans " 10 Days" qui figurent également dans les deux autres films, car ces séquences avaient été physiquement coupées des bobines, elles n'y étaient pas, nous devions donc retourner aux masters pour les réintégrer. Et nous ne l'avons fait que pour certains plans du concert. "

-  SDE  -  Votre rôle est de faire ressentir et comprendre au public ce qui s'est passé.

-  MC  -  "  Pour revenir à votre question concernant mon rôle...avant le tournage, nous y avons réfléchi prendant près d'un an et demi, puis Alice, la productrice est arrivée. Quand je réalise des films, je dessine mal, je gribouille les formes, des schémas, des plans et des courbes. L'une des premières choses que j'ai dessinées, c'était la courbe émotionnelle du film. Je savais déjà quelle serait l'atmosphère. Votre travail consiste essentiellement à prendre toutes les perspectives, toute la complexité, toute la matière brute, et a en capturer l'essence et les différentes strates. Et je crois que c'était l'objectif. C'est votre rôle. Votre rôle est de faire ressentir et comprendre au public ce qui s'est passé. "

-  SDE  -  Je pense que la plupart des gens d'un certain âge se souviennent de l'époque où Wham! est allé en Chine, mais ils seront peut-être surpris d'apprendre qu'ils n'y ont donné que deux concerts.

-  MC  -  "  Et deux concerts à Hong Kong ( avant cela ) "

-  SDE  -  Ces images n'ont donc jamais été filmées ni enregistrées ?

-  MC  -  "  Non. Et ces concerts avaient une ambiance britannique parce que c'était une colonie britannique. Ils ont fait ça à cause de la proximité avec la Chine, et aussi pour l'argent, parce que ça coûtait une fortune. Je veux dire, le tout à un coût, paraît-il un million de livres. Ils ont certainement dépensé une fortune pour le tournage du documentaire puisqu'ils avaient six caméras argentiques. Et heureusement pour eux, parce que quand on regarde les images à la fin de mon film, quand on voit un aperçu de l'Amérique (un aperçu de la tournée Whamamerica! plus tard en 1985) on regarde des images vidéo. Si j'ai bien compris, le concert final a lui aussi été filmé uniquement en vidéo. Cela n'a pas bien vieilli. Heureusement qu'ils ont emporté des caméras argentiques en Chine. "

-  SDE  -  Simon Napier-Bell affirme à plusieurs reprises dans votre film que le seul but de ce voyage était de percer aux Etats-Unis. Or, en réalité, lorsqu'ils sont arrivés en Chine, Wham! avait déjà trois singles numéro un aux Etats-Unis extraits de l'album " Make It Big " ( Wake Me Up Before You Go-Go - Everything She Wants - Careless Whisper ), et l'album lui-même avait atteint la première place des charts. Franchement, quel succès plus important pouvaient-ils espérer aux Etats-Unis ?

-  MC  -  "  Oui, je crois avoir posé une question similaire au début. J'ai commencé à travailler dans l'industrie musicale en 1988, mais je ne suis pas un expert du monde musical américain du milieu des années 80. Si j'ai bien compris, ce n'était pas suffisant pour remplir les stades. Cela les aurait obligés à faire des tournées de trente dates dans des salles de spectacle, ce qu'ils cherchaient justement à éviter. Je pense donc qu'ils essayaient de brûler les étapes. "

-  SDE  -  Avez-vous eu des difficultés à retrouver certains des membres clés du public chinois que vous avez interviewés dans le film ?

-  MC  -  "  C'était variable. Simon (Napier Bell) était consultant sur le projet, pour diverses raisons, mais il avait conservé de bons contacts en Chine. Il pouvait donc réaliser des interviews sur place, ce qui lui permettait de faire connaître le documentaire en cours de production et de recevoir des demandes de renseignements. Cela a demandé beaucoup de temps et d'efforts, et nous avions un producteur en Chine qui travaillait d'arrache-pied. Je crois que nous avions une liste restreinte d'une dizaine de personnes. Mais vous savez, le groupe comptait 130 personnes. Beaucoup ont contribué aux recherches, mais nous n'avons pas pu interviewer tout le monde. Certaines personnes n'ont pas été aussi bavardes que je l'aurais souhaité, mais le groupe chinois a pris beaucoup de temps et c'était la dernière partie que nous avons filmée. Le tournage s'est étalé sur six mois, et la dernière étape, en Chine, a failli ne pas être autorisée, c'était vraiment limite. "

-  SDE  -  Est-ce le point de vue chinois qui a particulièrement intéressé Andrew à coopérer ?

-  MC  -  "  Je ne pense pas qu'il dirait que c'était la seule raison, mais je pense que c'était une raison importante. Et je pense que c'était ce qui nous distinguait, car personne d'autre n'avait exploré cette piste. Je suis allé en Chine : je comprenais la culture, je comprenais l'histoire. Mais le fait est que, même si nous le disons maintenant, nous n'avions pas vraiment conscience de l'impact avant de trouver ces contributeurs (chinois) de faire des recherches et de comprendre leurs histoires. "

-  MC  -   Ce voyage a transformé la vie de tant de gens, mais y retourner a transformé la compréhension qu'en avait Andrew. "

-  SDE  -  De quoi parle votre film, au final ?

-  MC  -  "  Je pense que tous les réalisateurs ont besoin d'un élément déclencheur pour donner vie à leur film. Lindsay n'a pas trouvé le sien. Foreign Skies, comme nous l'avons évoqué correspondait à leurs attentes. Mais j'ai constaté que les films les plus réussis sont ceux qui expliquent clairement ce qui permet de faire progresser le récit. Et pour moi, ce nouveau film repose sur deux éléments : la pression et les perspectives. Je pense que la perspective chinoise permet de comprendre toutes les autres, car elle constitue le contrepoint. La pression est palpable tout au long du film. Mais le changement de perspective d'Andrew à la fin est tellement saisissant. C'est vraiment émouvant et magnifique. Ce voyage a transformé la vie de tant de gens, mais y retourner a transformé la perception qu'en avait Andrew. "

-  SDE  -  La scène où George profite d'un massage est révélatrice à plusieurs égards ...

-  MC  -  "  Nous avons longuement discuté de la scène du massage. Deux éléments nous ont permis de l'inclure. Premièrement George dit lui-même : " Je n'ai aucun problème à ce que vous filmiez mes fesses ", pendant la scène. Deuxièment, même  si elle est beaucoup plus courte (20 ou 30 secondes) elle figure dans Foreign Skies. "

-  SDE  -  J'étais surpris qu'il ait accepté que cette scène figure dans Foreign Skies, mais dans votre film...

-  MC  -  ..... " Il y a beaucoup plus de fesses ! "

-  SDE  -  Oui, mais cela crée une belle interaction avec le membre d'équipage à qui il parle, il est complètement détendu.

-  MC  -  "  Dans cette scène, il dit quelque chose comme : " Ils voulaient qu'on soit là, mais maintenant ils veulent nous oublier "... En fait, il est très difficile de trouver des déclarations de George sur la Chine. "

A suivre.... en attendant la suite, bonne lecture

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